mercredi 23 août 2017

John Melhuish Strudwick (1849-1937), "Oh swallow, swallow" (inspiré du poème de Tennyson, "The Princess") - 1894


Louise Chandler Moulton (1832-1908), À la Nuit.

Penche-toi sur moi, Ô sombre Nuit,
Et offre à mon esprit le repos.
Serre-moi contre ton sein profond,
Et éparpille mes vieux soucis au vent.
Rends-moi le plaisir perdu
Que jadis mon âme possédait,
Quand l'Amour était le plus tendre.
Penche-toi sur moi, Ô sombre Nuit !

Enveloppe-moi dans tes bras –
La seule étreinte à laquelle j'aspire
Jusqu'à l'étreinte de la tombe
Me préserve des alarmes de la vie.
Je défie tes charmes les plus subtils ;
Je brave tes sorts les plus profonds, –
Ô, forte assez pour tuer ou sauver,
Enveloppe-moi dans tes bras !


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Ernest Dowson (1867-1900), Une Couronne.

Avec ses Chansons et ses Jours à sa Dame et à l'Amour

Violettes et feuilles de vigne,
En une frêle, belle couronne
Nous recueillons et tressons :
Une couronne pour l'Amour à vivre,
Parfumée comme son propre souffle,
Pour couronner son front divin,
Tout le jour jusqu'à ce que la nuit approche.
Les violettes et de feuilles vigne
Que nous recueillons et tressons.

Violettes et feuilles de vigne
Pour l'Amour qui vit un jour,
Nous recueillons et tressons.
Tout le jour jusqu'à ce que l'amour meure,
Jusqu'à ce que le soir tombe, froid et gris,
Ces fleurs, à toi et à moi,
L'Amour les portera sur la tête,
Les violettes et feuilles de vigne
Que nous recueillons et tressons.

Violettes et feuilles de vigne,
Pour l'Amour quand le pauvre Amour meurt,
Nous recueillons et tressons.
Cette couronne qui vit un jour
Sur ses pâles, ses yeux froids,
Embrassés fermés par Proserpine,
Au coucher du soleil, nous déposerons :
Les violettes et feuilles de vigne
Que nous recueillons et tressons.


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Ernest Dowson (1867-1900), Summa Brevis Spem nos vetat incohare longam.

(La brièveté de la vie nous interdit de concevoir un long espoir - Horace).

Amour et désir et haine:
Je pense qu'ils n'ont plus part en nous après
Que nous avons passé la porte.

Ils ne sont pas longs, les jours du vin et des roses:
Hors d'un rêve brumeux
Notre chemin émerge un instant, puis se fane
Dans un rêve.


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mardi 22 août 2017

Valentine Hugo (1887-1958), Le Rêve du 21 Décembre - 1929.


Arthur Rimbaud (1854-1891), Ma bohème.

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Valentine Hugo (1887-1968), Arthur Rimbaud - 1954


Victor Hugo (1802-1885), Château Fort - 1854


Edward Henry Corbould (1815-1905), Le Miroir Magique - 1853


Edward Henry Corbould (1815-1905), Héloïse.


William Cook of Plymouth (1850-1900), Barras moor, Tintagel, Nord-Ouest du Comté de Cornouailles. Pêcheurs sur la Côte.


Charles Léandre (1862-1934), La Maîtresse de l'Artiste - 1908


Edwin Landseer (1802-1873), Man Proposes, God Disposes - 1864.


Julius Olsson (1864-1942), Red Sky at Night.


Alexander Nasmyth (1758-1840), Robert Burns à Rosslyn Castle.


Alexander Nasmyth (1758-1840), Un Alchimiste dans son Laboratoire.


Tyra Kleen (1874-1951), Illustration pour le Poème 'L'Amour et le Crâne' ("Les Fleurs du Mal", Baudelaire) - 1903


Johan Christian Clausen Dahl (1788-1857), Clair de Lune sur l'Oder, près de Swinemünde - 1840


lundi 21 août 2017

Hans Olde (1855-1917), Lever de Soleil.


Eduard Mörike (1804-1875), Une Vieille Image.

Dans la gloire d'été d'un vert paysage,
près de l'eau fraîche, des joncs et des roseaux,
vois l'innocence de l'enfançon
et l'aise de ses jeux aux genoux de la Vierge!
Mais là-bas aux délices du bois
déjà l'arbre verdit dont on fera la croix.

Carl Magnus Lindquist (1884-1977), Vue de Vännäsvägen - 1917


Anton Sminck Pitloo (1790-1837), Sur la Mer, Coucher de Soleil à travers les Nuages.


Ippolito Caffi (1809-1866), Venise, Le Grand Canal et la Basilique Santa Maria della Salute.


Bror Lindh (1877-1941), Lumières du Nord - 1900


Paul Francois Quinsac (1858-1932), La Fortune passe : guidée par la Sagesse et l'Economie, elle répand ses dons sur les Travailleurs - 1912


Claus Bergen (1885-1964), Le Commandant - 1918


Ivan Fedorovich Choultsé (1877-1932), Mer au Clair de Lune.


Théodore Gudin (1802-1880), Naufrage - 1841


Ivan Fedorovich Choultse (1877-1932), Coucher de Soleil sur un Paysage Enneigé - 1923


Ivan Fedorovich Choultse (1877-1932), Nuit de mars.


Hugo Henneberg (1863-1918), L'étang bleu - 1904


dimanche 20 août 2017

Henri Rivière (1864-1951), Le Calme Plat, série « Féerie des heures », 1901/02


René Peyrol (1860-1899), Baigneuses dans la Forêt - 1887


René Maire Léon Devillario (1874-1942), Jeune Femme face à la Mer.


Frederick Richard Pickersgill (1820–1900), Amoret, Aemylia and Prince Arthur, in the Cottage of Sclaunder - 1845


Edward Matthew Ward (1816-1879), Lord Byron's Early Love, "A Dream of Annesley Hall" - 1856


Henri Charles Guérard (1846-1897), Chat noir sur un Journal.


Jules Laforgue (1860-1887), A la Mémoire d'une Chatte naine que j'avais.

Ô mon beau chat frileux, quand l'automne morose
Faisait glapir plus fort les mômes dans les cours,
Combien passâmes-nous de ces spleeniques jours
À rêver face à face en ma chambre bien close.

Lissant ton poil soyeux de ta langue âpre et rose
Trop grave pour les jeux d'autrefois et les tours,
Lentement tu venais de ton pas de velours
Devant moi t'allonger en quelque noble pose.


Et je songeais, perdu dans tes prunelles d'or
- Il ne soupçonne rien, non, du globe stupide
Qui l'emporte avec moi tout au travers du Vide,

Rien des Astres lointains, des Dieux ni de la Mort ?
Pourtant !... quels yeux profonds !... parfois... il m'intimide
Saurait-il donc le mot ? - Non, c'est le Sphinx encor.

Fritz von Wille (1860-1941), Andernach. Vue Nocturne des Ruines du Vieux Château.


William Trost Richards (1833-1905), Les Ruines de Fast Castle, Berwickshire, Ecosse (la Tour de Wolf’s Crag dans "La Fiancée de Lammermoor").


Thales Fielding (1793–1837), Portrait de Delacroix.


Eugène Delacroix (1798-1863), Extrait d'une lettre à son ami Achille Piron - 20 août 1815.

Que de choses j’aurais à te dire, mon bon ami, si je n’avais pas perdu la tête, mais malheureusement voilà mes anciennes folies qui me reprennent et tu n’as pas de peine à deviner pourquoi. Quel moment que celui où on revoit après des siècles, un objet qu’on croyait avoir aimé et qui était presque entièrement effacé du cœur… Au milieu de tout cela je tombe de mon haut quand je songe à l’empire que j’ai eu sur moi-même hier dans cet instant délicieux et terrible qui m’a réuni pour quelques minutes à celle que j’avais eu l’indignité d’oublier. Il m’arrive souvent qu’une sensation morale, de quelque nature qu’elle soit, ne me frappe guère que par contrecoup, et lorsque livré à moi-même ou rentré dans la solitude de mon âme, l’effet s’en renouvelle avec plus de force par l’éloignement de la cause. C’est alors que mon imagination travaille et que, contraire à la vue, elle agrandit les objets à mesure qu’ils s’éloignent. Je m’en veux de n’avoir pas joui avec assez de plénitude de l’instant que le hasard m’a procuré ; je bâtis des châteaux de chimères et me voilà divaguant et extravagant dans la vaste mer de l’illusion sans bornes et sans rivages. Me voilà donc redevenu aussi sot qu’auparavant. Dans le premier instant mon cœur battit d’une force… Ma tête se bouleversa tellement que je craignis de faire une sottise : je ne faisais pas un pas sans songer que j’étais près d’elle, que nos yeux contemplaient les mêmes objets et que nous respirions le même air : lorsque je lui eus parlé et que tu m’entraînas dans l’autre salle… je t’aurais, je crois, battu et néanmoins je n’étais pas fâché d’un autre côté de m’éloigner d’elle, mais je crois que l’enfer et les démons ne seraient par parvenus à me faire quitter cette maison bienheureuse tant que j’y aurais su ma Julie. Et puis ces habits noirs, cette tête pâle et défaillante, ces tombeaux, ce froid vague qui me saisissait, cette mort que je voyais partout, ces charmes pleins de jeunesse et rayonnants de beauté, ce pied vif et léger qui foulait les froides reliques de mille générations et la poussière de quelques tyrans… que de sensations, que de choses… Une tête plus forte que la mienne n’y eût pas résisté, et ma foi, à quoi bon s’arracher de l’âme un sentiment qui la remplit si bien, qui cadre si bien avec mes idées.

Peu à peu mes sens se rassirent : nous parlâmes, nous fîmes quelques plaisanteries, cela me calma, mais dès que je t’eus quitté, mon esprit et mon cœur furent tout aux petits Augustins. Enfin que veux-tu, je suis le plus grand des fous ; moi, je m’en moque, il faut que je la voie, il le faut, je donnerais le diable pour en venir à bout. Tu sais à peu près à quels termes j’en suis avec elle, elle m’a contemplé hier avec une certaine attention et une fréquence qui persuade à ma vanité que je ne lui suis pas indifférent, tandis que d’un autre côté, je n’y vois qu’une simple curiosité. Il faut dans tout cela me donner au plus vite ton avis, il faut éclaircir tout ceci. Je t’en supplie par l’amitié que j’ai pour toi, cherche, travaille de ton côté, retourne-toi l’esprit de mille manières pour me trouver le moyen de la voir, de lui parler, de lui écrire. Voilà de belles choses, d’étranges folies. Que dirais-je dans un an, dans un mois peut-être si je voyais une misérable lettre comme celle-ci. Mais je suis jeune et… non je ne suis pas encore amoureux : mais c’est à toi à décider si je dois le devenir ou non.

Rudolf Koppitz (1884-1936), Jeune Sicilienne - 1930


Josef Thorak (1889-1952), Frauenakt - 1940.


Josef Thorak (1889-1952), Pietà - 1942.